Il y a une scène qui se répète chaque printemps chez moi : je vide le coffre de la voiture, je pose la palette par terre, et je me souviens soudain que je n'ai jamais mesuré combien de lattes je vais devoir couper. Résultat, je scie à l'œil, je visse de travers, et je recommence le week-end suivant. Sauf que cette année, j'ai décidé de faire les choses proprement — et surtout de noter les cotes, parce que le support pour plantes grimpantes en palette, c'est typiquement le genre de bricolage où tout le monde tâtonne deux fois avant que ça tienne.
Ce qui suit, c'est ce que j'aurais aimé lire la première fois. Des mesures, des erreurs que j'ai vraiment commises, et un point que personne ne mentionne jamais : le bois de palette peut être une saleté toxique pour vos tomates.
Points clés à retenir
- Une palette EPAL standard mesure 120 × 80 cm — c'est la base la plus pratique pour un treillis mural
- Vérifiez le marquage HT (traitement thermique). Fuyez le MB (bromure de méthyle), interdit mais encore présent sur de vieilles palettes
- Espacement des lattes pour haricots à rames : 20 à 25 cm. Pour une clématite : 15 cm maximum
- Comptez 2 heures pour un modèle simple, une demi-journée pour un support sur pied
- Un support non fixé au mur tombe au premier coup de vent. C'est du vécu
Choisir la bonne palette : la question du bois traité qu'on saute toujours
On récupère une palette derrière un magasin, on la trouve sympa, et on plante des fraises dedans. Mauvaise idée si on n'a pas regardé le tampon au préalable.
Le bois de palette est marqué selon son traitement. Deux codes comptent :
- HT — traitement thermique, chauffé à plus de 56 °C. Aucun produit chimique. C'est ce qu'il vous faut.
- MB — bromure de méthyle. Produit classé toxique, interdit en Europe depuis des années, mais on en croise encore sur du matériel ancien.
Franchement, j'ai fait l'erreur une fois. J'avais monté une jardinière complète avec une palette « qui traînait », sans regarder. Trois semaines plus tard, un pote m'a demandé si j'avais vérifié le marquage. Non. J'ai tout démonté. Le tampon était illisible, donc par principe j'ai recommencé avec une HT. Perdre une demi-journée de travail, ça fait mal, mais moins qu'un plant de basilic douteux.
Comment reconnaître du bois utilisable en 30 secondes
Retournez la palette. Le marquage se trouve sur le bloc central ou sur une traverse. S'il n'y a rien, considérez que c'est du MB et passez à autre chose — sauf pour un usage purement décoratif, hors potager.
Un deuxième point que j'ai appris à mes dépens : le bois brut gris craint l'humidité plus que le bois neuf. Une palette qui a passé deux hivers dehors commence à se fendre là où les clous sont plantés. Si vous pouvez récupérer du matériel de moins d'un an, tout tient mieux.
Fabriquer le treillis : les cotes exactes et l'espacement qui compte
Le principe est bête. Une palette, on garde trois traverses horizontales, on ajoute des lattes verticales ou on découpe les planches pour créer une grille. Ce qui se joue, ce n'est pas le concept — c'est l'espacement.
J'ai testé trois configurations sur la même saison, en 2024, avec des haricots à rames et une clématite. Voici ce qui a marché :
| Type de plante | Espacement des lattes | Hauteur utile | Ce que j'ai constaté |
|---|---|---|---|
| Haricots à rames | 20-25 cm | 1,80 m | Les tiges s'enroulent seules, aucun palissage nécessaire |
| Clématite | 12-15 cm | 2 m | Besoin d'un maillage serré, sinon la plante glisse |
| Rosier grimpant | 30-40 cm | 2,20 m | Il faut palisser à la main, mais la structure doit tenir le poids |
| Concombre | 20 cm | 1,60 m | Les vrilles accrochent, mais le fruit pèse et tire vers le bas |
Ce tableau, je l'ai construit après avoir raté ma première clématite. J'avais laissé 30 cm entre les lattes parce que ça faisait joli sur le papier. La plante n'a jamais réussi à s'accrocher. Elle est tombée en tas au pied du support. Deux mois de croissance pour rien.
Le plan coté, sans dessin
Pour une palette EPAL (120 × 80 cm), voici ce que je fais maintenant, systématiquement :
- Je garde les trois planches larges du dessus (les « planches de charge »)
- Je récupère les planches fines du dessous pour créer les lattes verticales
- Je positionne 5 lattes verticales sur 80 cm de large — soit un espacement régulier de 16 cm entre axes
- Je visse à chaque intersection avec des vis inox de 40 mm minimum
- Je ponce l'ensemble au grain 80, puis 120
Le point critique : vissez à chaque croisement. J'ai voulu gagner du temps une fois, en ne fixant qu'aux extrémités. Le treillis a commencé à jouer dès le premier été, et à l'automne les lattes du milieu partaient en biais.
Le support sur pied : quand la jardinière et le treillis ne font qu'un
Le modèle sur pied est celui que je préfère, parce qu'il se déplace et qu'il ne nécessite ni mur ni perçage. En revanche, il est plus long à monter et il est nettement moins stable qu'on ne l'imagine.
Le montage que j'utilise aujourd'hui : deux palettes, l'une posée à plat comme bac, l'autre coupée en deux et vissée verticalement à l'arrière. On double les montants pour la rigidité, et on renforce la base avec deux équerres.
Coût réel chez moi, en récupérant les palettes gratuitement : environ 18 € de quincaillerie (vis inox, équerres, une chute de géotextile). Temps de montage : une demi-journée, ponçage compris.
L'erreur que je referai probablement
Le premier support sur pied que j'ai fabriqué s'est couché au premier orage de août. Pas parce qu'il était mal vissé, mais parce que je ne l'avais pas lester. Une jardinière en palette remplie de terre pèse lourd, mais le centre de gravité reste haut dès que la plante grimpe. Depuis, je pose systématiquement deux parpaings dans le fond du bac, sous le géotextile. Moche, invisible, efficace.
Fixation et résistance au vent : ce qui décide si votre support tient l'hiver
Un support de 2 m de haut exposé au vent, c'est un levier. Et un levier, ça arrache ce qu'il y a au bout.
Selon la surface d'ancrage, voici ce que j'utilise :
- Mur béton : chevilles à frapper Ø8, deux points de fixation minimum, à mi-hauteur et en haut
- Mur bois : tirefonds de 8 × 80 mm directement dans les montants — jamais dans le bardage seul
- Pleine terre : piquets métalliques de 60 cm enfoncés aux deux angles, plus le lestage du bac
Pour un treillis mural, je pose toujours une entretoise de 2 cm entre le support et le mur. Ça évite que le bois reste humide contre le mur, et ça laisse passer l'air derrière les plantes. Détail, mais au bout de deux ans la différence est visible : le bois pourrit beaucoup moins vite.
Le support doit-il être démontable ?
Oui, et c'est un point que j'ai mis du temps à intégrer. Un support vissé définitivement, c'est un support qu'on ne peut plus déplacer quand la plante a décidé de pousser dans l'autre sens, ou quand on veut changer de variété. Je monte maintenant chaque élément avec des vis, jamais de colle, jamais de clous. Dix minutes de plus au montage, des années de souplesse.
Quelles plantes, et comment entretenir le support dans le temps
Toutes les grimpantes ne se comportent pas pareil face à un treillis bois. Il y a celles qui s'accrochent seules (haricots, concombre, liseron), celles qu'il faut palisser (rosiers, clématites, jasmin), et celles qui finiront par tout casser si on les laisse faire (glycine, certaines bignones).
Pour un support de palette, restez sur les deux premières catégories. La glycine, je l'ai essayée une fois sur un treillis de ce type. Le bois a tenu deux saisons.
Le traitement du bois, maintenant ou jamais
Une lasure sans solvant, appliquée en deux couches avant la mise en place, c'est ce qui fait la différence entre un support qui tient cinq ans et un qui tient un seul hiver humide. Je passe la première couche, je laisse sécher 24 h, je ponce légèrement, je repasse la seconde. Pour un potager, fuyez tout produit fongicide ou insecticide — une lasure transparente ou un simple saturateur suffit.
Ce que je fais aussi depuis deux ans : je vérifie les vis au printemps. Une vis sur trois commence à bouger au bout d'un hiver ou deux. Dix minutes de contrôle, et le support repart pour une saison sans surprise.
Au fond, ce qui m'a le plus servi, ce n'est pas une technique particulière — c'est d'arrêter de bricoler dans l'urgence. Une palette, un mètre, une visseuse, et une heure pour réfléchir avant de couper. Le reste suit tout seul. Et si votre premier support est bancal, ce n'est pas grave : le mien l'était aussi, et la clématite s'en fichait complètement.